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Fintech et inclusion financière : Accélérer l’accès aux services financiers en Côte d’Ivoire

2025-08-22
Orange Côte d'ivoire

Les fintechs ne sont plus en marge du système financier ivoirien - elles en sont devenues le moteur, propulsant l’inclusion, l’innovation et la digitalisation à grande échelle

Quelle est la place actuelle des fintechs, et comment évaluez-vous leur apport dans la dynamique de l’écosystème financier en Côte d’Ivoire ?

Les fintechs occupent aujourd’hui une place de plus en plus centrale dans l’écosystème financier ivoirien. Elles apportent de la flexibilité, de l’innovation et surtout une capacité à atteindre des segments que les acteurs traditionnels peinent à toucher, comme les populations non bancarisées ou les petites entreprises en zone rurale. De plus, elles contribuent à démocratiser l’accès aux services financiers à travers des solutions mobiles, des applications simples à utiliser, et des coûts souvent plus abordables, ce qui favorise l’inclusion financière. Le tout, en s’appuyant sur des partenariats avec les opérateurs télécoms, les banques et les régulateurs. En clair, aujourd’hui, les fintechs ne sont plus en marge du système. Elles en sont devenues un moteur, notamment pour accélérer la digitalisation des paiements, le développement du mobile money, et l'émergence de nouveaux services comme le microcrédit, l’épargne digitale ou l’assurance inclusive.

Comment Orange CI accompagne cette dynamique ?

Avec Orange Money, nous permettons à des millions d’Ivoiriens d’avoir accès à des services financiers de base comme les transferts, le paiement de factures ou le dépôt d’argent, directement depuis leur mobile. Le lancement de Orange Bank Africa, qui propose des services comme Tik Tak, une offre de microcrédit et d’épargne entièrement digitalisée est également une réponse apportée au marché. La banque permet à chacun, même sans compte bancaire classique, d’emprunter ou d’épargner avec des montants accessibles.

En plus de cela, nous avons mis à disposition de nos clients la super-app Max It, qui regroupe les services Orange Money, Orange Bank, l’e-commerce, les recharges et plus encore, dans un environnement simple, sécurisé et peu gourmand en données. L’objectif est de centraliser les services pour faciliter l’usage, notamment dans les zones rurales ou à faible connectivité. Nous travaillons aussi à rendre les smartphones plus accessibles grâce à des partenariats pour leur financement, et à renforcer l’inclusion des femmes et des jeunes entrepreneurs par des programmes dédiés.

Les fintechs ont le potentiel d’accélérer l’inclusion financière des populations. Selon vous, quels sont les leviers à actionner pour franchir de nouveaux caps dans cette perspective ?

Pour passer à l’échelle, il faudrait commencer par l’éducation financière, afin d’aider les populations à comprendre et à bien utiliser les outils digitaux. Ensuite, travailler sur l’interopérabilité pour faciliter les échanges entre tous les acteurs du système. L’accès aux équipements et à la connectivité est également un élément important, car sans smartphone ni Internet, l’inclusion reste limitée. Il faut aussi un cadre réglementaire souple mais protecteur, pour encourager l’innovation tout en sécurisant les usagers. Les Fintechs locales ont également besoin de financements afin de se developer. Et enfin, accélérer l’inclusion ciblée des femmes et des jeunes, qui sont encore sous-représentés dans les usages financiers.

Si on arrive à jouer sur tous ces leviers à la fois, on peut vraiment franchir un cap.

Quelle est la qualité des relations entre fintechs, banques traditionnelles, et opérateurs de télécoms, notamment Orange ? Peut-on parler d’un écosystème collaboratif ou plutôt concurrentiel ?

C’est un peu des deux, concurrence saine et collaboration active. Mais la tendance est clairement à la coopération.

Bien sûr, il y a de la concurrence sur certains segments, mais globalement chacun a compris qu’on avance mieux ensemble.

Chez Orange, on travaille régulièrement avec des fintechs pour intégrer leurs services à notre offre ou co-développer des produits. On collabore aussi avec les banques : elles apportent leur expertise en finance et en réglementation, et nous apportons notre capacité de distribution et notre base client.

On joue en quelque sorte un rôle de pont entre les acteurs. Et plus on développe des solutions interopérables et complémentaires, plus l’écosystème devient fluide. Donc oui, on peut parler aujourd’hui d’un écosystème de plus en plus collaboratif, même si des efforts restent à faire sur des points comme le partage de données ou l’harmonisation des standards.

Quels freins majeurs persistent encore aujourd’hui à l’adoption des services financiers digitaux, notamment dans les zones rurales ?

Les principaux freins sont encore liés à l’équipement, à la connectivité et à la confiance. Beaucoup de personnes en zone rurale n’ont pas encore de smartphone, ou ont un accès limité à Internet. Ensuite, la compréhension des services reste un obstacle : certaines personnes ne savent pas lire, ou ne sont pas à l’aise avec les interfaces numériques.

La confiance aussi est un enjeu : les populations craignent parfois les arnaques ou ne sont pas certaines de pouvoir récupérer leur argent.

C’est pourquoi, chez Orange Côte d’Ivoire, nous misons beaucoup sur la proximité, à travers nos agents sur le terrain, la simplicité des services, et la sensibilisation communautaire.

Comment voyez-vous l’évolution du rôle des agents de mobile money dans l’inclusion financière ?

Ce sont eux qui assurent la capillarité du service, surtout dans les zones reculées. Ils rassurent les clients, les accompagnent dans l’usage des services, et leur donnent une présence physique à laquelle se référer. Aujourd’hui, on va encore plus loin en les intégrant dans l’écosystème financier. Par exemple, certains agents peuvent maintenant bénéficier de microcrédits pour gérer leur trésorerie, ou proposer des services supplémentaires comme l’assurance ou le paiement marchand. L’agent de mobile money est devenu un acteur local de la finance inclusive.

Le mobile money a transformé l’accès à la finance. Quelle sera, selon vous, la prochaine grande rupture dans ce secteur ?

Le mobile money a été une révolution, mais la prochaine rupture, c’est la financiarisation intelligente via les données et l’intelligence artificielle.

Grâce aux données issues de l’usage mobile (appels, paiements, recharges), on peut désormais créer des profils de risque alternatifs qui permettent à des personnes non bancarisées d’accéder à du crédit ou à des produits sur mesure.

C’est aussi là que l’IA entre en jeu : pour automatiser les décisions, adapter les offres en temps réel, prévenir la fraude, etc. La vraie rupture sera de pouvoir offrir des services personnalisés, accessibles et intelligents, même à ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une banque.

Quelles opportunités voyez-vous pour les jeunes entrepreneurs ivoiriens dans le secteur fintech ?

Elles sont nombreuses. Les besoins sont énormes, et l’écosystème est encore en construction, donc il y a de la place pour innover. Il y a des opportunités dans des domaines comme le paiement, le crowdfunding, les solutions agricoles ou santé liées à la finance, ou encore l’assurtech.

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est un meilleur accompagnement : accès au financement, incubation, partenariats avec des acteurs plus établis. Chez Orange, on soutient cette dynamique à travers des concours comme l’Orange Social Venture Prize, ou des programmes de financement de start-ups à impact.

Comment garantir que l’inclusion financière numérique reste aussi une inclusion éthique et responsable ?

C’est une question essentielle. L’inclusion ne peut pas se faire au détriment de la protection des clients. Il faut donc poser des règles claires en matière de données personnelles, de transparence des tarifs, d’éducation à la cyber-hygiène, et de traitement équitable des clients, quel que soit leur niveau de revenus ou de connaissances.

Chez Orange Côte d’Ivoire, nous avons mis en place des processus de conformité stricts, des politiques de confidentialité solides, et surtout, un cadre de sensibilisation permanent. L’inclusion doit se faire dans le respect de la dignité et des droits de chacun.

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