Matt Fitzpatrick et Kurt Strovink, tous deux associés au bureau de McKinsey à New York, répondent à cette interrogation dans une contribution titrée : "Comment mesurer le succès dans le numérique ? Cinq indicateurs pour les CEO".
Cet article identifie des points de contact permettant aux CEO de quantifier l’impact des investissements numériques sur les résultats financiers. Ce qui n’est pas toujours le cas. Bien que la transformation numérique soit perçue par des décideurs comme un impératif pour les organisations qui veulent demeurer viables au cours des dix prochaines années, plusieurs CEO restent cependant évasifs lorsqu’il s’agit d’établir des liens entre les initiatives numériques et les résultats financiers.
Pour les analystes du cabinet américain, le simple fait d’engager des projets numériques ne garantit pas que l’organisation augmente ainsi ses revenus et sa rentabilité de manière significative et rentable, ou réduit ses fossés avec la concurrence. Une chose est d’accorder la priorité aux initiatives évolutives susceptibles de générer de la valeur, une autre est de mesurer et suivre effectivement l’impact et la création de valeur de toutes les initiatives numériques mises en œuvre. D’ailleurs, c’est sur ce chantier que les CEO sont attendus. Parce que dans cette ère où la valeur de la transformation digitale doit être définie par la capacité de la technologie à répondre aux indicateurs de performance, ils sont les mieux placés pour capter les évolutions étant donné la vision complète qu’ils ont sur l’ensemble des fonctions de l’entreprise.
Alors, quels sont les indicateurs à la disposition des CEO pour s’assurer que la transformation numérique est une réussite ? Le bureau de McKinsey à New York en propose cinq, lesquels indicateurs doivent être précédés d’une cartographie des initiatives numériques et d’une feuille de route, étapes essentielles pour produire « des avancées numériques susceptibles de faire une différence matérielle dans la performance globale de l'organisation » et « concentrer les ressources en conséquence ».
Cinq indicateurs numériques pour CEO
1. Retour sur investissements numériques
C’est le premier indicateur défini dans cette contribution. Pour les auteurs, mesurer signifie « examiner la valeur apportée par les initiatives numériques prioritaires individuelles » ainsi que « le soutien collectif des initiatives aux objectifs organisationnels stratégiques ». Le tout en ayant à l’esprit que faire peu ou pas d’investissement numérique c’est accuser du retard par rapport à la concurrence.
2. Pourcentage du budget annuel consacré aux initiatives numériques
A en croire nos spécialistes, il n’est pas question ici de plonger tête première dans les dernières solutions technologiques mais d’allouer des budgets à des projets numériques « stratégiques » et « audacieux » pour espérer en tirer le meilleur retour sur investissement. « L’allocation des dépenses technologiques, disent-ils, est un indicateur avancé que les CEO peuvent surveiller pour s’assurer que l’organisation est en mesure de fournir une valeur soutenue par le numérique.
3. Temps nécessaire pour créer une application numérique
Etant donné la vitesse époustouflante à laquelle le numérique évolue, toute organisation a intérêt à se doter de la technologique qu’il faut quand il le faut. Ceci permet d’équilibrer les investissements et l'architecture technologique, pour garantir que la transformation est pertinente, durable et capable de générer de la valeur. Retarder la mise en œuvre d’un projet technologique c’est non seulement « donner un avantage à la concurrence » ou développer un « outil obsolète avant même d’être utilisé ».
4. Pourcentage d’implication du top management dans des projets numériques
Selon Matt Fitzpatrick et Kurt Strovink, l’implication de tous les dirigeants d’une organisation dans les initiatives numériques est déterminante pour atteindre les objectifs en termes de création de « valeur tangible ». Attention ! Ceci ne met pas entre parenthèse le rôle prépondérant du directeur de la technologie (CTO) car c’est sur lui que reposent, en fin de compte, le contrôle des ressources, les directives de production, la sécurité IT et les protocoles de développement technologique ainsi que la capacité à mobiliser l’organisation technologique nécessaire pour soutenir les objectifs de l'entreprise.
5. Rétention des meilleurs talents technologiques
Tel que défini dans l’article, un « talent technologique » est une personne qui possède « une expertise en ingénierie et analyse de données, en conception et en expérience utilisateur, ainsi qu'en technologie de base ». Attirer et retenir de tels profils ou des profils similaires est déterminant pour une transformation numérique réussie. Aussi le défi pour le CEO sera-t-il de constituer des groupes de spécialistes techniques en fonction de l'état où se trouve l’entreprise dans son parcours numérique. Pour cela, il doit se donner les moyens de « comprendre les besoins les plus critiques » de l’organisation et disposer d'un moyen de mesurer les progrès pour garantir une « infusion de talents » dans une logique de construction et d’évolution de l’entreprise.
Par Anselme AKEKO