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Les enjeux de la gouvernance des données et de la transformation digitale en Côte d’Ivoire

Orange Côte d'ivoire

La Stratégie nationale de gouvernance des données (SNGD 2030) positionne la donnée comme un levier central de souveraineté et de compétitivité économique. Selon vous, comment cette politique peut-elle mieux intégrer les acteurs privés pour accélérer la transformation digitale du pays ?

 

La SNGD 2030 constitue une avancée majeure en positionnant la donnée comme un levier stratégique de souveraineté et de compétitivité économique. Pour en accélérer les effets, il est essentiel d’impliquer davantage les acteurs privés, qui disposent d’infrastructures, de capacités technologiques et d’expertises clés pour la transformation digitale du pays.Cela suppose la mise en place de cadres de concertation public-privé structurés, la co-construction de cas d’usage à fort impact économique et social, ainsi que des mécanismes d’incitation clairs favorisant l’investissement et l’innovation.
Cette approche permettra de renforcer l’efficacité de l’action publique et d’accélérer le développement d’un écosystème numérique performant et durable en Côte d’Ivoire.

Le gouvernement ivoirien a engagé d’importants chantiers autour du Cloud national, du Data Center et de la protection des données. Dans ce contexte, quelle contribution le secteur privé peut-il apporter, tant sur le plan technologique que financier ? Voyez-vous des opportunités concrètes de partenariat public-privé pour mutualiser les investissements et renforcer la confiance numérique ?

Les chantiers engagés autour du Cloud national, des Data Centers et de la protection des données constituent des piliers essentiels de la souveraineté numérique du pays. Dans ce contexte, le secteur privé peut contribuer par sa maîtrise des technologies numériques, son expérience dans la conception et l’exploitation d’infrastructures critiques, ainsi que sa capacité à déployer des services fiables et sécurisés.
Des partenariats public-privé permettent ainsi d’accélérer les déploiements, d’optimiser l’exploitation des infrastructures et de garantir des niveaux élevés de performance, de résilience et de conformité réglementaire. Cette complémentarité entre action publique et savoir-faire opérationnel privé constitue un levier important pour structurer un socle numérique robuste et durable en Côte d’Ivoire.

Avec plus de 32 000 km de fibre optique déployés et un taux de pénétration mobile de 185%, la Côte d’Ivoire a franchi d’importantes étapes. Pourtant, des disparités subsistent, notamment dans les zones rurales. Quel rôle les opérateurs privés peuvent-ils jouer pour combler ces écarts ? Comment concilier rentabilité économique et inclusion numérique dans les zones à faible densité ?

Les progrès réalisés en matière d’infrastructures numériques sont significatifs, mais les disparités territoriales rappellent la nécessité de poursuivre les efforts, notamment dans les zones rurales. Les opérateurs privés ont un rôle clé à jouer en étendant la couverture, en adaptant les technologies et en optimisant les modèles de déploiement pour tenir compte des réalités locales.
Pour concilier rentabilité économique et inclusion numérique, cela passe par des approches différenciées : mutualisation des infrastructures, recours à des solutions technologiques adaptées aux zones à faible densité, et articulation avec les politiques publiques d’aménagement du territoire. Cette combinaison permet d’élargir l’accès aux services numériques tout en assurant la viabilité des investissements sur le long terme.

Le pays ambitionne de devenir un hub régional du numérique et de la donnée. Selon vous, quels leviers doivent être priorisés pour concrétiser cette ambition : la formation, le financement des startups, l’interopérabilité des systèmes, ou encore l’innovation verte ?

Pour concrétiser son ambition de hub régional du numérique et de la donnée, la Côte d’Ivoire doit activer plusieurs leviers de manière coordonnée. La formation reste essentielle pour développer les compétences locales, tandis que financement et l’accompagnement de l’innovation favorisent l’émergence de solutions adaptées aux besoins du marché. À ces axes s’ajoutent des leviers complémentaires tout aussi structurants : des infrastructures numériques fiables et évolutives, la généralisation des usages numériques dans l’économie et les services publics, un cadre réglementaire favorable, ainsi que l’intégration régionale, qui renforce l’attractivité du pays à l’échelle sous-régionale. C’est la combinaison cohérente de ces leviers qui permettra de positionner durablement la Côte d’Ivoire comme un pôle numérique de référence.